Lettre ouverte du SISP

du médicament et des règles d'encadrement de l'industrie pharmaceutique, ... deuxième pays, après les États-Unis, parmi ceux dépensant le plus pour les ...
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Le Régime d’assurance médicaments entièrement public : pour un État du 21e siècle Il ne faut pas s’étonner si de plus en plus de voix s’élèvent dans la société québécoise pour réclamer l’instauration d’un régime public et universel d’assurance médicaments. Le système hybride actuel, partagé entre un régime public et des assurances privées, comporte de sérieuses lacunes : coûts exorbitants, inégalité d’accès aux médicaments, gaspillage de fonds publics. Cette formule nous coûte cher collectivement et crée des injustices sociales. À l’heure actuelle, un large consensus se dégage sur cet enjeu : le Québec doit se doter d’un régime d’assurance médicaments entièrement public. Depuis plusieurs années, le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), comme des centaines d’experts de la santé et organismes de la société civile, appuie ce projet collectif. Assorti de mesures de contrôle des coûts du médicament et des règles d’encadrement de l’industrie pharmaceutique, un tel régime permettrait de générer des économies substantielles et de donner un meilleur accès aux médicaments à l’ensemble de la population. Les Québécois payent beaucoup trop pour leurs médicaments. Une étude récente de l’Université de la ColombieBritannique révèle que, même en tenant compte de l’âge de la population, les dépenses en médicaments prescrits par personne sont 30 % plus élevées au Québec que celles des autres Canadiens. Rappelons que le Canada est le deuxième pays, après les États-Unis, parmi ceux dépensant le plus pour les médicaments. En 2012, les dépenses pour les médicaments sur ordonnance atteignaient tout près de 7,5 milliards de dollars, une somme en constante progression depuis une vingtaine d’années. Pas étonnant que les médicaments occupent le deuxième poste budgétaire en santé après les services de soin. Cette croissance a un impact négatif sur les finances publiques du Québec, en plus de mettre sous pression les budgets des ménages et de compromettre la santé des patients. Le gouvernement du Québec réaliserait des économies importantes en mettant sur pied un régime d’assurance médicaments entièrement public. Selon les plus récentes estimations du professeur Marc-André Gagnon de l’Université Carleton, la création d’un tel régime entraînerait des économies de 828 millions de dollars pour le Québec. Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, reconnaît d’ailleurs l’ampleur des économies potentielles. Il a récemment déclaré que le Québec pourrait épargner de 600 à 800 millions de dollars en regroupant les achats. Plusieurs pays de l’OCDE disposent aujourd’hui d’un régime semblable qui, au fil du temps, a donné des résultats enviables. Par exemple, en 1993, la Nouvelle-Zélande a instauré Pharmac, un régime public et universel qui offre une couverture à 100 % de sa population. En permettant l’achat groupé de médicaments à grand volume, le gouvernement s’est doté d’une capacité de négociation face à l’industrie pharmaceutique. Depuis une vingtaine d’années, le pays a réussi à ralentir de manière considérable la croissance des coûts des médicaments, un contraste frappant par rapport à ce qui a prévalu au Québec au cours de la même période. Le système néozélandais a ainsi grandement amélioré l’accès aux médicaments, et ce, à moindre coût. Depuis plusieurs mois, le gouvernement libéral répète qu’il souhaite faire du Québec un État du 21e siècle. Voilà une bonne occasion de le faire! En se dotant d’un régime public et universel d’assurance médicaments, le Québec adopterait une pratique novatrice qui est aujourd’hui devenue la norme dans la plupart des pays développés de l’OCDE.

Pour le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) : Louise Chabot, présidente Centrale des syndicats du Québec (CSQ) Lucie Martineau, présidente Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) Carolle Dubé, présidente Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)

Profil du SISP Le SISP regroupe plus de 270 000 membres issus de trois organisations syndicales (CSQ, SFPQ, APTS), dont la majorité provient des secteurs public et parapublic. La mission première du Secrétariat s’articule autour de la défense et de la promotion des services publics offerts à la population québécoise. Par leurs actions concertées, la CSQ, le SFPQ, et l’APTS souhaitent favoriser l’accès à des services publics de qualité, et ce, sur l’ensemble du territoire québécois.

Renseignements : Maxime Clément Attaché de presse Cell. : 514 442-4823 [email protected] www.sisp.qc.net