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sur l'Amundsen pour une expédition scientifique en Arctique. Et il est tombé nez à ... je n'ai plus rien en stock. Il va falloir ... décomposeurs : crabes, crevettes et ...
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sous les Texte Samuel Larochelle

8 JOURS EN ARCTIQUE !

Avec les scientifiques, on a analysé l’influence de la température, de la luminosité, de l’acidité et de la salinité sur l’écosystème. Ce sont des facteurs que l’on dit abiotiques.

Abiotique, ça signifie absence de vie.

L’automne dernier, Alex Labelle, 16 ans, s’est embarqué sur l’Amundsen pour une expédition scientifique en Arctique. Et il est tombé nez à nez avec les changements climatiques. J’ai été choisi pour participer à une excursion de huit jours sur un brise-glace de la garde côtière canadienne, avec quelque 75 scientifiques et membres d’équipage. Ma réaction ?

Yeah

!

CURiUM JUIN 2016

On devait récolter un maximum d’informations sur les changements climatiques pour partager nos connaissances au retour. Parce que la température moyenne à la surface de la Terre a augmenté de 2,9 degrés depuis le début du 20e siècle.

10

+ 2,9

On est partis en octobre, direction : mer de Baffin, de Resolute à Pond Inlet.

Il y avait de l’action 24 h sur 24 sur le bateau ! On prenait des échantillons de terre. On remontait les filets des fonds marins avec des mottes de boue arctique, des étoiles de mer et des crevettes. On faisait le tri. On remontait aussi du plancton pour le classer par taille.

La glace de l’Arctique a fondu et perdu environ deux millions de km carrés entre 1979 et 2015. C’est énorme ! Il y a donc moins de glace pour filtrer la lumière du soleil. L’augmentation de luminosité dans l’eau et, par le fait même, son réchauffement ont plusieurs effets sur les espèces marines.

Comme on pouvait s’y attendre, la diminution de la glace entraï ne une augmentation de la population de phytoplancton et son apparition précoce (parfois trois mois d’avance !). Les scientifiques ont à ce sujet plusieurs théories.

Le producteur le plus abondant dans les océans, le phytoplancton, a besoin de lumière pour se reproduire. À la fonte des glaces, les zooplanctons remontent à la surface pour s’en nourrir. Les zooplanctons serviront à leur tour de lunch à de plus grands poissons… Et ainsi de suite, jusqu’aux corpulents phoques et ours polaires. Les déchets de ces repas couleront ensuite vers les fonds marins où ils feront le bonheur des décomposeurs : crabes, crevettes et méduses.

Désolé les mecs, je n'ai plus rien en stock. Il va falloir attendre le prochain arrivage...

? ? ?

Une de ces théories veut que le zooplancton remonte vers son repas du printemps alors que les populations de phytoplanctons sont déjà en déclin. Cette désynchronisation augmenterait la mortalité chez les poissons et crustacés. D’après ce que je retiens de mon expérience, cette théorie me semble juste.

Le manque de données nous empêche de tirer des conclusions sûres. Il me semble ironique de réaliser que l’on connaï t le sol de la Lune, mais que les fonds marins arctiques sont encore méconnus !

ALEX LABELLE FIGURE PARMIS LES LAURÉATS DE LA FINALE QUÉBÉCOISE DES EXPO-SCIENCES 2016.

CURiUM JUIN 2016

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