Traitement biopsychosocial de la douleur

Introduction. •. Le modèle biopsychosocial est un modèle conceptuel proposant que des facteurs psychologiques et sociaux soient inclus aux variables biologiques pour la compréhension de la pathologie d'une personne, dans ce cas, la douleur musculosquelettique chronique [14]. •. Dans ce modèle, la douleur est ...
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Traitement biopsychosocial de la douleur musculosquelettique chronique fondé sur des résultats cliniques Introduction • Le modèle biopsychosocial est un modèle conceptuel proposant que des facteurs psychologiques et sociaux soient inclus aux variables biologiques pour la compréhension de la pathologie d’une personne, dans ce cas, la douleur musculosquelettique chronique [14]. • Dans ce modèle, la douleur est davantage vue comme un modèle de comportement interactif et psychophysiologique ne pouvant être divisé en divers composants psychosociaux et physiques indépendants [14]. • Le modèle biopsychosocial a remplacé l’approche biomédicale réductionniste obsolète de la médecine. • Les éléments essentiels d’une approche thérapeutique multidisciplinaire (selon ce modèle biopsychosocial) constituent l’approche la plus cliniquement efficace et la plus rentable à utiliser chez les patients souffrant de douleur chronique. • Les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux doivent tous être simultanément abordés. Le traitement psychologique doit être intégré à d’autres composants thérapeutiques, tels que la physiothérapie et le traitement médicamenteux, afin d’aborder tous les composants constituant l’expérience de douleur musculosquelettique chronique [5,14]. Traitements psychologiques • De nombreuses études soutiennent l’utilisation d’une thérapie cognitive-comportementale (TCC) et d’autres approches psychologiques pour le traitement de la douleur musculosquelettique chronique [6,7,15]. • Les études montrent que les approches psychologiques sont plus efficaces que les groupes de contrôle sur liste d’attente [7,15]. • Les interventions comportementalistes obtiennent des résultats similaires, sans aucun bénéfice supplémentaire lorsqu’elles sont associées aux soins habituels, et ne sont que « modérément » supérieures aux conditions suivantes : pas de traitement, contrôle avec placebo et groupes de contrôle sur liste d’attente [15]. Efficacité du traitement multidisciplinaire et biopsychosocial • Programmes multidisciplinaires complets : o Ces programmes utilisent une approche en équipes, dont une équipe de médecins/infirmières, des physiothérapeutes, des médecins du travail, des psychologues ou psychiatres, ainsi que des soignants référents. o Les programmes montrent une amélioration significative des mesures des résultats socioéconomiques importants (par ex., retour au travail et résolution des problèmes légaux et médicaux en cours), chez les personnes souffrant de douleur rachidienne chronique [5–6]. o Cette approche de restauration fonctionnelle est également efficace dans les troubles musculosquelettiques chroniques des membres supérieurs, les troubles temporomandibulaires, le

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syndrome de fibromyalgie, les maux de tête, la cervicalgie et la douleur à la nuque due au coup de fouet cervical, ainsi que dans les troubles dus aux efforts répétitifs [par ex., 4,8–10]. o Un examen [9] comparant directement le traitement multidisciplinaire au traitement unimodal ou les patients de contrôle sans traitement a trouvé de meilleures améliorations dans un grand nombre de mesures, à savoir :  Retour au travail, 68 % pour le traitement multidisciplinaire par rapport à 32 % pour le traitement unimodal ou pas de traitement du tout ;  Réduction de la douleur, 37 % par rapport à 4 % ;  Réduction de la prise de médicaments, 63 % par rapport à 21 % ;  Augmentations de l’activité, 53 % par rapport à 13 %. Programmes multidisciplinaires employant uniquement la TCC et la physiothérapie [1,2]. D’autres approches multidisciplinaires qui ne se basent pas formellement sur un modèle de restauration fonctionnelle, mais ayant intégré des composants de traitement psychologique dans un cadre de réhabilitation, démontrent également une efficacité à long terme [par ex., 2,3,11,13]. o Une étude comparant l’efficacité de l’arthrodèse lombaire à la TCC avec de l’exercice physique pour les patients souffrant de douleur du dos avec une physiopathologie sous-jacente documentée a révélé des résultats similaires lors de suivis à 1 an et 2 ans, les deux groupes présentant des améliorations cliniques significatives [1]. o L’analyse coût-utilité de ces données montre que lors du suivi à 2 ans, même si l’efficacité du traitement n’était pas significativement différente entre les deux groupes, le coût moyen de l’intervention chirurgicale était de 7 830 livres Sterling (environ 14 400 dollars américains), par rapport à seulement 4 526 livres Sterling (environ 8 323 dollars américains) pour la TCC associée à de l’exercice physique [12]. o Une étude évaluant les taux de lombalgie, avant et après la disponibilité de deux consultations rachidiennes non chirurgicales multidisciplinaires, a montré que le taux annuel d’interventions chirurgicales lié à des lombalgies pour les patients résidant dans une région géographique particulière est passé de 60 à 80 pour 100 000 avant l’introduction de soins multidisciplinaires en 1997 à 40 pour 100 000 en 2001 après leur introduction [11]. Les taux de premières interventions chirurgicales discales programmées ont également baissé d’environ deux tiers.

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